Rencontre de la diaspora touarègue en Europe : une table ronde sur le Sahel central au Cormier

Rencontre touarègue 2018

La 19ᵉ édition de la Rencontre de la diaspora touarègue en Europe s’est tenue les 15 et 16 août 2026 au Cormier, en Normandie. Parmi les temps forts de ce rassemblement, une table ronde a réuni plusieurs intervenants autour de la situation politique et sécuritaire au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

Ouverture par Abdoulahi Attayoub

La rencontre a été ouverte par Abdoulahi Attayoub, président de l’Organisation de la Diaspora Touarègue en Europe (ODTE). Dans son propos introductif, il a insisté sur la nécessité d’accepter la divergence d’opinions comme préalable à toute vie démocratique, et a appelé à repenser les formes d’organisation politique permettant à des communautés différentes de coexister au sein d’un même espace.

Un débat animé par Issouf Maha

La modération du débat a été confiée à l’écrivain et ancien élu nigérien Issouf Maha, qui a présenté les quatre intervenants invités à échanger leurs analyses :

  • Mayira Djibrine, présidente de l’Alliance des Démocrates du Sahel ;
  • Seddick Abba, journaliste et analyste ;
  • Attaye Ag Mohamed, vice-président chargé des relations extérieures du Front de libération de l’Azawad (FLA) ;
  • Mohamed Ag Ahmedou, journaliste indépendant et acteur de la société civile azawadienne.

Les interventions

Mayira Djibrine a mis l’accent sur l’importance du dialogue et de l’écoute, soulignant la valeur d’un espace où des opinions politiques divergentes peuvent s’exprimer librement, à contre-courant de la polarisation observée dans plusieurs pays du Sahel.

Seddick Abba a replacé la crise sahélienne dans son contexte international, marqué par la concurrence d’autres foyers de tension comme le Moyen-Orient et l’Ukraine. Il a évoqué l’extension géographique de la menace sécuritaire, du nord du Mali jusqu’au bassin du lac Tchad, et a plaidé pour une remise en question des stratégies purement militaires menées depuis plusieurs années, appelant à un élargissement du dialogue à d’autres acteurs afin de traiter les causes profondes des conflits.

Attaye Ag Mohamed a rappelé que les crises maliennes, nigériennes et burkinabées, bien que distinctes, s’inscrivent dans un espace sahélien profondément interconnecté par-delà les frontières héritées de la colonisation. Il a défendu l’idée que la question sécuritaire ne peut être dissociée de la question politique, et que la démocratie constitue avant tout un mécanisme de gestion pacifique des désaccords.

Mohamed Ag Ahmedou a centré son intervention sur les questions de justice, de gouvernance et de protection des populations civiles, notamment dans le cadre du conflit opposant l’État malien aux forces de l’Azawad. Il a également abordé l’impact des opérations militaires sur les civils et affirmé son soutien aux forces de libération de l’Azawad.

Une diversité de points de vue assumée

La composition du panel reflétait une volonté délibérée de faire dialoguer des sensibilités politiques différentes, parfois opposées, sur les enjeux du Sahel central — qu’il s’agisse de la question de l’Azawad, des stratégies sécuritaires ou de la place du dialogue politique dans la résolution des crises.

Rencontre organisée par l’Organisation de la Diaspora Touarègue en Europe (ODTE), les 15 et 16 août 2026, au Cormier (Normandie).

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